samedi 5 juillet 2014

FINESMITH MUSE - 2014


Merci Yula Finesmith pour me permettre de participer à cette merveilleuse aventure. Quel que soit le résultat, je suis comblée.

Merci Seashell, Linda, Priscilla, Liat, pour votre aide, votre patience et vos précieux conseils durant chacun des reherseals.

Bonne chance aux candidates, un honneur et un plaisir que de défiler aujourd'hui avec vous.


"Les bijoux faux

Je rêvais que je me promenais en un jardin merveilleux.
Dans la clarté des lampes allumées,
s’épanouissaient des roses en satin et des camélias de velours.
Les feuilles étaient en fin papier luisant,
Et les tiges de laiton, soigneusement enveloppées de ouates et de taffetas, -
Étaient d’un vert radieux et s’élançaient avec des poses gracieuses, -
Dans la clarté des lampes allumées; -
Et parmi cette floraison étrange - de roses roses, de roses bleues et de feuilles en fin papier luisant -
Étaient suspendus des colliers de fausses pierres précieuses.
Pareils à des gouttes de vin et pareils à du sang, étincelaient de faux rubis - et clignotaient comme des yeux les émeraudes en verre.
Les saphirs bleus comme des flammes de punch flambaient à côté des grains de corail trop rouges et semblables aux lèvres teintées de carmin.
La turquoise en porcelaine mettait sa note mate auprès des changeantes opales;
Et dans cette féerie de pacotille, au milieu des étoiles en doublé, et des lunes en papier d’argent mon spleen inquiet s’endormait comme un enfant malade qu’on berce.
Et j’oubliais les roses vraies, les roses, filles des bleus matins, pour ces roses artificielles.
Et pour ces lunes en papier d’argent, j’oubliais la lune amie des rêveurs qui vont par les soirs parfumés, accablés d’une incurable nostalgie.
Des faux rubis étincelants pleuvait une lumière ardente qui étourdissait.
Le pâle reflet des turquoises charmait comme un coin du ciel.
Et les émeraudes en verre faisaient songer aux énigmatiques profondeurs des flots.
* *
Souvent, hélas! le cœur où notre cœur s’est réfugié,
Est un jardin merveilleux où s’épanouissent des roses en satin et des camélias de velours,
Où étincellent - pareils à des gouttes de vin et pareils à du sang, - de faux rubis, auprès des turquoises en porcelaine, dont le pâle reflet charme comme un coin du ciel.
Je rêvais que je me promenais en un jardin merveilleux.

Marie Krysinska, Rythmes pittoresques"